Capitale :
Nairobi
La monnaie :
Shilling kenyan (Ksh)
1€ = 100 Ksh
Repère économique :
1litre de Gasoil = 90 Ksh env. soit env 0.89€/l
400g de pain de mie = 50 Ksh env.
Climat :
Chaud et sec au nord (frontière avec Ethiopie)
Tropical sur la côte de l’océan indien.
Hébergement :
Campings privés (env. 500 Ksh/pers) ou dans les parcs nationaux (très onéreux)
Parfois douche chaude….
Internet :
Nombreuses enseignes d’internet café dans les villes et villages, mais nombreuses coupures d’électricité…
A Nairobi :
Connexion rapide et en wifi (si électricité !) au Jungle Junction camp site.
Dans les grands shoppings centers, les cafés (Dorman’s) proposent des connections en wifi.
Formalités d’entrée :
- Passeport en cours de validité
- Visa : 25$/pers ., gratuit pour les enfants.
- CPD obligatoire
Formalités de sortie :
Classiques : tampon de sortie sur le CPD et passeports (fiche à remplir).
Circulation :
Très encombrée dans Nairobi.
Des matatus (minibus) toujours aussi dangereux…
Le goudron fait son apparition au Nord.
Nombreuses pistes caillouteuses au Nord, très destructrices pour les véhicules : 4x4 obligatoire
Kilomètres parcourus :
2600 km, dont 1600 sur pistes
Parcs Nationaux et visites :
Attention le Kenya est onéreux, les parcs nationaux où se concentrent les animaux se paient par 24h, par personne, plus le véhicule et le camping si vous passez la nuit (en moyenne, compter 60 US$/pers juste pour l’entrée).
Notre parcours :
De Moyale à Isiolo : une première semaine au Kenya
Encore une fois, le passage de la frontière kenyane à Moyale (avec un « i » côté éthiopien et un « y » côté kenyan) marque un net changement. Un poste radio diffuse de la musique « afro » dans le bureau des douanes (comme toi Phab !...) et c’est un jeune homme curieux et souriant qui valide nos visas.
Ce dernier a en effet repéré le sticker de l’association FUNGANA, qui signifie en swahili « lié », arborant le drapeau kenyan et deux mains, une blanche l’autre noire, serrée. Nous lui expliquons donc l’objet de notre action à Nyahururu dans le centre du pays.
Les lenteurs de l’administration éthiopienne nous font passer la frontière vers 15h30 en ce dimanche 16 aout 2009, trop tard pour affronter les 6 heures de pistes réputées destructrices qui séparent le poste frontière de Marsabit.
Nous demanderons l’asile au poste de police de Moyale, en échange d’une petite rétribution, le camp site public de la ville n’ayant pas bonne presse en ce moment…

Deux jeunes officiers nous escorteront même dans la ville, pour que nous puissions effectuer quelques menus achats alimentaires. Au retour nous dégusterons nos premières bières kenyanes à la cafeteria (peinte aux couleurs des animaux du pays) de la Police Station.
Après une nuit en sécurité dans notre Toy, nous prenons la direction de Marsabit, où sévit encore la famine, sur une piste fidèle à sa réputation ;

autre choix possible (pour Isiolo) plus à l’Est par un itinéraire plus roulant mais plus long et moins sûr, nécessitant parfois une escorte policière.
Fatigués mais ayant préservé au maximum notre véhicule, nous arrivons à Marsabit après plus 6h30 de pistes vers 16.00, nous camperons à l’intérieur du National Parc en négociant au préalable la nuitée.

C’est entourés de babouins à l’affût pour nous chiper de la nourriture, et de bushbucks (espèce de gazelles) habituées à la présence humaine que nous cogiterons sur la suite de notre parcours au Kenya….
Disposant de temps, nous décidons d’aller « explorer » le Nord du pays en direction du lac Turkana, certains l’abordent en franchissant la frontière éthiopienne par l’Omo Valley et Omorate (lieu de découverte de Lucy).
Notre nuit à Marsabit sera ponctuée par les incessants coups de feu (tirs à blanc) pour éloigner de la ville les éléphants à la recherche de l’eau, dans une région qui n’a pas vu une goutte d’eau depuis deux ans…
Ce sont par des paysages que nous n’aurions pensé trouver au Kenya, que nous reprenons donc la piste ce matin du 18 aout en direction de Kalacha.
Une variété insoupçonnée de panorama nous fait passer de pistes cassantes tracées au milieu de champs de laves, à la latérite de la savane africaine, la poussière fine du fesh fesh pénétrant dans les moindres recoins du Toy , franchissant des dunettes (une pensée australienne pour les t-cap-sudeurs), ou encore trialisant dans les rochers…
Fabuleux désert de Chalbi, qui nous emmènera passé l’oasis de Kalacha, image surréaliste sortie d’un film quand nous apercevons un petit avion garé sous un palmier, jusqu’à North Orr dans un chott qui ne semble être parcouru que par des superbes autruches (véritable mirage dans un désert surchauffé) et quelques camions 4X4 japonais livrant les vivres nécessaires aux populations locales.

A North Orr, la mission catholique du père Anthony, prêtre allemand présent depuis plus de douze ans, et tous les volontaires qui l’épaulent, tentent d’améliorer les conditions de vie des sédentaires et nomades de la région, en construisant un centre de santé et une école primaire et secondaire, autour d’une imposante église de pierre d’où résonneront le soir au moment de la messe, des chants africains teintés de gospel.

Malgré notre agnosticisme, nous aurons un pincement au cœur au moment de repartir en ce mercredi 19 aout (bon anniversaire Mamy Annie !), tant l’accueil fut sincère, les garçons ne voulant laisser leur nouvelle amie, Grace, et nous conscients qu’il ya tant à faire encore (ici mais ailleurs aussi).
Nous vous invitons à vous y arrêter si vous passez par cet endroit isolé, parfois visité par un ministre ou un premier ministre (croisé à Loyangalani & N. Orr) soucieux de calmer la population excédée par tant de difficultés à vivre au quotidien, et présentant d’hypothétiques projets de développement…en attendant la pluie…
Des immensités de cailloux brûlées par un soleil ardent et desséchées par un vent incessant entourent le lac Turkana, du nom de la tribu locale croisée dans le village de Loyangalani.
Avant d’arriver à Loyangalani sur les rives du lac, après 8O km de pistes très rocailleuses, genre ballast de voie de chemin de fer (sans les rails papy !!) usant la gomme de nos pneumatiques, nous croiserons quelques individus de la tribu ElMolo (plus que 500 individus menacés de consanguinité et de problèmes sanitaires lacustres), vivant de manière traditionnelle sur les rives hyper sodées et inhospitalières, excepté pour d’énormes crocos (aujourd’hui en disparition comme les ElMolo, qui les chassèrent). Les sauriens ayant eu la chance, au contraire des ElMolo, de pouvoir se réfugier dans les parcs nationaux des deux iles du lac Turkana.
Surprenante Afrique, quand, à South Orr, village au milieu de la savane, au terme d’une superbe piste sur laquelle nous croiserons Adam, motard israélien en BMW HP2 en balade autour du monde,

nous trouvons une connexion internet (payante et aléatoire) dans le Sport Camp où nous passerons la nuit, découvrant au passage nos premiers plats typiques kenyans (ugali, stew, chapati, …).

Autre tribu du Nord du pays, les Samburus, parfois rivaux des Turkana, comme en ce moment, période de grande sécheresse et pour des motifs de pâturages, présents à partir de South Orr, sur la piste vers Maralal.
Sylvie, ardéchoise, et Joseph, Samburu, nous offrirons le chaï (thé kenyan sucré au lait), dans le premier gros village depuis le Nord et la frontière éthiopienne, nous appréhenderons ainsi un peu mieux quelques aspects de la vie au Kenya et dans cette petite ville de Maralal.
Nous resterons deux jours au très reposant et peu cher camping, Yare Safari Camp site, là encore nous régalant de la cuisine (et des bières) locale, entourés d’oiseaux multicolores au petit matin.

Nous rejoindrons Isiolo (littéralement « ville frontière), par une terrible piste, mais les derniers kilomètres à partir d’Archer’s Post, porte des Samburu et Buffalo Springs National Parcs, seront sur un goudron fraîchement posé par les Japonais et nous atteindrons le Lodge Gadissa, tenu par un accueillant couple de Hollandais (nous avions eu l’adresse par un autre couple du "plat pays" croisé à Moiale).
Deux jours de confort, de bons plats (au Kenya nous rattraperons quelques kilos perdus au Soudan –chaleur-, et en Ethiopie –difficultés d’approvisionnement), nous mettant en jambe pour une journée de safari dans les deux parcs.
Nous serons chanceux, et les enfants ravis, même si pour Rubén il fut parfois difficile de rester calme et silencieux à l’affût des animaux, observant lions, guépards et autres grands de la savane, nous ferons le plein de souvenirs, face à la vie sauvage se déroulant à nos pieds …

Les deux semaines suivantes au Kenya s’orienteront vers les contacts humains grâce à notre action scolaire (voir notre contre rendu et les photos) pour FUNGANA à l’école municipale de Nyahururu.
Nous gagnons cette dernière à partir d’Isiolo, par le pied du mont Kenya, passant plusieurs fois l’Equateur,

(la première en écoutant ACDC et en pensant à vous les copains !...Profite !...) à travers d’immenses champs de serres, propriétés en partie de l’Etat et en autre partie de riches "farmers" anglais installés parfois bien avant l’indépendance coloniale, abritant plantations de thé, café, et employant beaucoup de mains d’œuvre dans l’horticulture (le Kenya est un des premiers exportateurs vers l’Europe de roses et d’œillets).
Après un premier contact avec l’équipe dirigeante de l’école, et un premier et rapide inventaire des besoins, nous filons à Nairobi la capitale kenyane, surfant sur les berges de la Rift Valley qui nous guide depuis Israël sur ces 9600 km de long.
La capitale cosmopolite, originale, étrange et surprenante, nous dévoile un visage sécuritaire de l’Afrique. Juliana la vice-présidente de FUNGANA, nous guidera dans cette ville, fourmilière le jour, déserte à la nuit venue, comptant quatre millions d’habitants, la moitié vivant dans les bidons villes de l’agglomération. Loin des clichés de mendicité traditionnelle, ces derniers pour beaucoup travaillant parfois dans des bureaux, souvent occupant des emplois de basses besognes ou vendant à la sauvette objets et articles divers.
Notre trop court séjour à Nyahururu, la trop vite dissipée journée passée avec les enfants de l’école, nous permettra tout de même de bien remplir notre boîte à souvenirs humains, la joie de tous face à la générosité de nos partenaires, et de tous ceux qui nous ont soutenu dans notre action, nous confortant dans notre idée d’entraide et d’échange.
Notre troisième semaine au Kenya, entamée à Nyahururu, se terminera à Nairobi, au Jungle Junction Campsite (JJ’s), repère de voyageurs, tous plus originaux les uns que les autres, à pied, à motos, en 4x4 ou en camions.

Nous y retrouverons Anja et Joerg nos amis allemands avec qui nous avions fait route ensemble au Soudan et un peu en Ethiopie, puis grande surprise Pepe, Alegria, Luis, Rabi et Sofia, la famille espagnole, mais sans Boni et Miguel rentrés au pays après avoir fièrement conduits leur super5 à bon port.
Véritable lieux d’échange (on y laisse ces vieux bouquins pour en prendre d’autre), mine de renseignement utiles pour préparer son itinéraire, au JJ’s nous pourrons utiliser intensivement (quand il y a de l’électricité !) internet et revoir après 3 mois de voyage par webcam interposées nos familles.
Mais notre soif de chaleur nous fera quitter les hauteurs kenyanes (Nyahururu 2300m, Nairobi 1800m) pour les rives de l’Océan Indien.
Les premiers baobabs, à l’allure bedonnante, nous guideront sur la route de Mombasa, petite étape à Voi dans un Bed & Breakfast en construction, nous sommes décidemment habitués au terrain vague…, mais accueil et prix sympa avec douche brûlante. Quelques vieux éléphants croisés au détour du sanctuaire de Mwaluganje tenteront bien de nous empêcher d’atteindre Tiwi Beach, plage de sable blanc, cocotiers et brise marine, camping vieillissant mais sur la plage…le soir venu nous dormirons les pieds dans l’eau !!!

Tiwi, le village, Tiwi Beach la plage, et Twiga campsite autre point de repère des baroudeurs, du temps de la descente de l’Afrique en camion. Nous en croiserons trois, français, Tiffany, Géraldine et Philippe (on nous parlait d’eux depuis l’Egypte !!) mais pas attardés, prenant juste leur temps et pas à leur coup d’essai dans le voyage ….pour voir leur site, cliquez sur la photo :
Rencontre aussi avec les singes, des grivets, voleurs de nourriture…des gâteaux…mais pas ma tasse de café !!! Puis une mangue, et enfin une tomate mise dans un Tupperware fermé, sous un torchon au fond du Toy…il avait bien repéré les lieux auparavant !!!! Et pour finir un chat qui voulait dormir sur le frigo du Toy !!!
Au programme de cette semaine de farniente, snorkelling pour Karo nageant au milieu des hippocampes, travail scolaire « intensif » pour Enzo, poissons au BBQ, repos, baignade, bronzette, bricolage et surtout réflexion et discussion sur la suite de l’itinéraire pour la seconde partie de notre parcours africain…
Bien iodés par ce séjour, nous partons en direction de la frontière tanzanienne, nous arrêtant au passage à Shimoni, au Mwazaro lodge, un lodge-campsite splendide, d’un côté la mangrove, de l’autre l’Océan Indien, tenu par Hanz, médecin allemand, en retraite mais fortement impliqué auprès des populations locales (construction d’une école, conseils médicaux, …) et expert en mangrove, au français appris au contact de la famille Bocuse, Hanz écrivant au passage quelques sept bouquins de cuisine…
Là encore ce fût une soirée sympathique, sous le toit de paille du restaurant, exposant les productions Massaïs locales, nous échangerons avec une famille irlandaise, la fille travaillant à Nairobi pour l’UNICEF.
Départ au matin de ce 16 septembre pour Lunga-Lunga le poste frontière…la Tanzanie nous ouvre ses portes après un rapide passage dans les bureaux de la douane et de la police kenyane… et sans taxe de sortie à régler…
Au final :
Nous retiendrons du Kenya :
- des pistes terribles mais superbes, dans des paysages contrastés et improbables,
- des parcs nationaux (beaucoup trop) chers, mais serait-ce le prix à payer pour la conservation des animaux sauvages ?
- du pain de mie (qui moisit au bout de trois jours, les asticots en supplément !!)) mais aussi les boulangeries françaises de Nairobi…excellente baguette !!!
- les fruits, légumes et poissons livrés « à domicile » sur la plage de Tiwi Beach…mais attention à la sécurité au sortir du camp…(agression des 3bourlingeurs)
- une capitale accueillante mais paranoïaque,
- une nonchalance typique mais toujours accompagnée d’un sourire…
En résumé un pays où il ferait bon vivre…
